Mardi 3 avril

Je reprends la route le cœur gros et pour ceux qui se demande si le “détour” de 4000 kilomètres en valait la peine, je réponds sans hésiter : absolument !!!


Avec avec un pit stop dans un rest area, je fais deux grosses journées de route et je retourne chez Holly à Phoenix où j’y passe la nuit.


Jeudi 5 avril

Tôt le matin, je quitte Phoenix et me dirige finalement vers San Diego.

Je fais un bon bout de route et je m’arrête dans un joli BLM prêt de Yuma et j’y fais la nuit.


Vendredi 6 avril

Départ tôt le matin et en voulant éviter les autoroutes (Euphemionne préfère), google map me fait passer par une route qui entre et qui sort du Mexique pour se rendre à San Diego. Le douanier me dit que si en chemin l’immigration m’arrête, je suis cuit. Sagement, je décide de faire demi-tour, mais il y a une très longue file d’attente à l’entrée des EU. Je garde mon zen attristé par les Mexicains qui passent de voiture en voiture pour nous vendre des babioles. Une simple ligne arbitraire créée par nous sépare la richesse de la pauvreté, comment en sommes-nous arrivés là ?


En entrant dans San Diego c’est le coup de foudre, cette ville n’a rien à voir avec toutes les autres villes que nous avons visitées: verdure, esthétisme urbain, rues courbes dans les montagnes, pistes cyclables partout, très peu de chaines de restauration rapide. Par contre, l’esthétisme a un coup, car l’essence est deux fois plus chère et on m’a dit qu’un appart avec une chambre à coucher coute $2300US/mois.


Je me rends à Conorado, une petite ile de riches à côté de San Diego où il y aura un bonfire musique jam le lendemain et je dors dans un stationnement où l’une de mes applications de cell indique que c’est OK, mais à 2AM, un “Toc toc toc” dans ma fenêtre me force à me réveiller et à m’habiller en moins de 2 secondes. C’est un policier qui me dit que je n’ai pas le droit d’être ici, il vérifie mes papiers et me laisse finir ma nuit.


Samedi 7 avril

Le lendemain, après baignade, exercice et méditation, je m’installe sur une table de piquenique non loin d’où aura lieu le bonfire. Dans l’après-midi, un homme me demande si je veux partager la table avec lui et sa fille. J’accepte avec plaisir et après quelques échanges, ils m’invitent à partager leur repas et je passe une bonne partie de la soirée avec eux sur le bord du feu. Je vais ensuite au bonfie où je fais la rencontre d’une sympathique guérisseuse. À la fin de la soirée, je décide de me glisser dans le quartier résidentiel de maison de plus de $25 millions et d’y faire une courte nuit incognito.


Dimanche 8 avril

Je me rends à mission Bay, au nord de San Diego, j’y passe la journée et j’y suis un cours de Yoga extérieur au coucher du soleil. Ensuite, je me rends à la Fiesta Island pour la nuit et ce même s’il y a plein de pancartes qui indiquent que c’est interdit – une de mes applications cell me dit que c’est OK et cette fois-ci, elle avait raison.


Lundi 9 avril

Je remonte tranquillement la côte en m’arrêtant à Solona Beach où je me baigne et où j’y fais mes exercices (il y a des surfeurs vraiment partout le long de la côte) et ensuite, je continue ma monté en me rendant au port de Oceanside pour y faire une randonnée de 4 miles avec un peu moins d’une dizaine de locaux. Ça adonne que c’était principalement des dames de l’âge d’or alors ce fut assez bref et pas très intense.


Ne sachant une fois de plus où coucher (il y a très peu d’endroit gratuit ou coucher dans le sud de la Californie – même les Walmart sont interdits), je m’essaie une fois de plus à trouver un endroit incognito. Je trouve un spot où il y a plein de voitures le long du chemin de fer et j’y fais ma courte nuit accompagnée de grondements de trains périodiques.


Mardi 10 avril

Je continue vers les nord et je me rends au quai de San Clemente où je m’y baigne et j’y fais mes exercices pour ensuite me diriger à Dana Point où je m’installe dans la marina sur une table extérieure pour lire et écrire. Je me dirige ensuite à Laguna Niguel pour un trek de 5 miles, mais cette fois-ci il y a 70 participants et on mange des tacos ensemble après le trek. Très belles rencontres même qu’on me paye mon repas.

Il est 23h30 et je ne sais toujours pas où coucher, mais je crois que je vais essayer de rester dans le stationnement du resto d’où j’écris ces lignes. À suivre…


Californie

Même si les plages et les endroits sont absolument magnifiques, pour l’instant, je peux dire que j’aime mieux les spots sauvages dans le bois que la croud de plage. J’avais cette image naïve de la van stationnée sur le bord d’une plage pratiquement déserte, mais ce n’est pas du tout ça et ça ne le sera certainement pas dans le sud de la Californie. On me dit que c’est plus relax au nord de LA.


Depuis que Fiston est parti, je me suis donné le défi de ne pas payer pour le stationnement/camping de ne pas manger au resto et/ou boire seul et de ne pas acheter de la bouffe préparée. Pour l’instant j’ai réussi, mais ces gentilles contraintes de simplicités sont assez limitantes dans les endroits civilisés comme ici où c’est assez difficile de faire la cuisine et c’est pourquoi depuis plusieurs jours, je me nourris presque exclusivement de fruits, de légumes, de noix et de céréales. Ça aura nécessairement l’effet de rendre le luxe qu’est le restaurant, un réel plaisir.

Mercredi 11 avril

Je fais ma nuit dans le stationnement du restaurant sans problème.

Comme je m’approche de L.A. et que JC (un “genre de” neveu) y habite et qu’Antoine (son frère) s’y trouve pour le travail, je communique avec lui afin de connaitre leurs disponibilité pour une bière. Comme les plans s’enlignent pour que notre rencontre ait leu la fin de semaine, je décide de rester et de faire le trek du soir avec la même gang. Trek qui se termine dans un bar de rockeur avec un band qui joue de la musique des années 80. On y danse tout plein et je dors dans le stationnement du bar.

Jeudi 12 avril

À 10h, un motard de 22’3″ me dit que je suis sur une priorité privée et que je dois m’en aller, ce que je fais tout de go et sans m’obstiner !


Comme je suis toujours en attente du moment de la bière à L.A., une très jolie et très gentille hiker du groupe, Karynn, m’invite à dormir chez elle jusqu’à samedi matin. Invitation que j’accepte tout de go et sans m’obstiner ! Même si elle fait un relativement bon salaire, elle demeure dans un appartement d’une chambre à coucher avec sa fille de 20 ans. En fait, si tu n’es pas millionnaire dans Orange County, tu y vies relativement pauvrement, car les loyers n’ont simplement pas d’allure. Souper en famille et longues discussions dans le bain-tourbillon du complexe. Le lendemain, on va voir un band de musique à l’extérieur d’un club golf avec une amie et une bonne partie de la gang de hickers.


Samedi 14 avril

Je repars vers L.A. et en montant la côte, je réalise que je suis dans un genre de Westmount de plusieurs milliers de kilomètres carrés. En supposant que la planète a juste assez d’eau pour fournir exactement un verre d’eau par habitant, louvoyer parmi d’énormes piscines où les propriétaires y lavent leurs chiens me déchire le ventre. Cela dit, je ne les juge pas, mais je suis assez content de m’y éloigner.


Comme le plan bière avec les neveux a avorté, je me dirige directement chez Lori, une couchsurfer super chouette (vétérinaire acuponcteur) qui a accepté de m’héberger pour la nuit dans une banlieue au nord de L.A. On soupe dans un pub, le lendemain matin, on va au farmer’s market d’Hollywood et je lève les pattes vers midi.

Dimanche 15 avril

Je quitte la région de L.A. et en remontant la côte, j’embarque deux pouceux (John & Carlin) qui se rendent à San Francisco pour le fameux 420.


Après un bout de chemin, on s’arrête pour la nuit où j’ai dormi dans un stationnement entre la route et l’océan pendant que les gars se sont installés directement sur la plage.


Lundi 16 avril

J’ai poussé la route avec les gars et on s’est arrêté ensemble dans un super spot nous donnant accès à la mer. Tout au long du chemin, la vue de la mer s’écrasant sur les magnifiques falaises bordées par les montagnes en fleurs est à couper le souffle.


Mardi 17 avril

J’ai laissé les gars en chemin et j’ai continué doucement jusqu’à Santa Cruz et au moment où je me demandais où j’allais couché, Maj (un des deux Corses qui a fait un bout de chemin avec nous au début de voyage) communique avec moi pour me dire qu’il est en direction de Santa Cruz!

On se retrouve donc sur une plage quelques heures plus tard. Louis (l’autre corse) est parti et a été remplacé par le père de Maj depuis une semaine.

On se prend une bière, on se raconte nos aventures et on se dirige chez Josh, un très sympathique ami de Maj qui est propriétaire d’une ferme de bio de cannabis et qui nous héberge pendant deux soirs.


Jeudi 19 avril

Je fais mes adieux à Maj et à son père qui retournent en Corse et je me dirige très tranquillement vers San Francisco en longeant la magnifique côte.

Je continue à longer la côte jusque dans le nord de la ville de San Francisco d’où j’y vois le fameux pont du Golden Gate. L’une des choses fascinantes de cette ville c’est qu’elle est bâtie dans les montagnes, il y a des côtes partout et on voit les maisons et les bâtisses de très loin. En passant à travers San Francisco et son trafic, je me dirige chez un couple d’amis à Shauntel (Cherie & Carlos) qui habite à Oakland, un couple super gentil et très accueillant et je dors dans la van stationnée en face de chez eux.


Vendredi 20 avril

Je retourne dans le trafic de San Francisco chercher un ordinateur que j’avais commandé pour le voyage, mais qui n’était pas arrivé à temps. Ça fait presque 20 000 kilomètres de route pour aller chercher un ordinateur, il est mieux d’être bon!

Ensuite, je me dirige à l’aéroport pour chercher Shauntel qui m’a fait la très belle surprise de venir passer quelques jours avec moi pour ma fête.

De retour chez ses amis à Oakland, nous passons une excellente soirée avec Cherie & Carlos.


Samedi 21 avril

On reprend la route 1 pour longer la côte au nord de San Francisco, c’est toujours aussi magnifique et c’est beaucoup plus sauvage. On stationne Euphémionne sur le bord d’une falaise, avec vue incroyable sur la mer et on y passe la nuit.


Dimanche 22 avril

On continue à longer la côte vers le nord et on entre dans les terres parmi les vignes et les vignobles, il y en a à perte de vue. Ensuite, on décide d’aller visiter la Cité des dix milles Boudha – très grosse déception – pas du tout l’endroit zen recherché. C’est plutôt un immeuble où il y a effectivement dix-mille statuettes de Boudha et où une centaine de personnes font des prosternations en séries pendant des heures… OUT!


Les multiples côtes et montagnes à franchir lors de notre route ont eu raison des freins de la pauvre Euphémionne, car ils se mettent à “cruncher” particulièrement fort. Comme aucun garage n’est ouvert le dimanche, on trouve une place de camping en construction sur le bord d’un lac et on y faire notre campement non loin d’une ville où il y a plusieurs garages. Pendant la soirée, Shauntel me couvre de cadeaux de fête.


Lundi 23 avril

Dépars tôt pour trouver un garage à Ukiah et on en trouve un qui peut remplacer les patins la journée même, mais ne peut faire le travail complet en une seule journée. On y va pour les patins seulement et on passe donc la journée dans ce petit village pas vraiment chouette, mais bon, on relaxe.


On se dirige ensuite à Monte Rio où nous avons loué un airbnb appelé Crow’s Nest pour deux jours. On passe deux magnifiques journées dans une belle petite maison juchée tout en haut d’une montagne.


Mercredi 25 avril

Retour à Oakland en passant par San Francisco pour passer sur le fameux pont du Golden Gate et ensuite, on se dirige à la boutique ‘Old Crow’ à Oakland pour se faire tatouer un discret petit ‘Crow’ – à part la mort et les mauvais présages, le corbeau symbolise aussi la sagesse, l’intelligence et le changement – tient pourquoi pas !


Typiquement, j’évite de faire prendre les autoroutes à Euphémionne, car elle n’aime pas trop, mais dans les grandes villes, c’est presque incontournable. En faisant un changement de voix “relativement” rapide, car j’allais prendre une sortie qu’il ne fallait pas, on entend un klaxon et des pneus crisser en arrière de nous, suivi d’un “BANG!” et d’un mouvement brusque d’Euphémionne… je ne sais pas d’où arrivait cette voiture et à quelle vitesse, mais on s’est fait entrer dedans solide !!! À part les objets qui ont revolé, un peut partout (sauf mon Boudha qui a tenu le coup), il n’y a pas de mal. Je me dirige vers l’accotement pour m’arrêter, mais la voiture continue son chemin pleine vitesse…


La fesse gauche scarifiée, Euphémionne m’en veut de m’être fait tatouer ce foutu corbeau, mais elle nous transporte malgré tout jusqu’à l’hôtel près de l’aéroport où on y passe la nuit, car le vol de Shauntel est à 6 heures du matin.


Jeudi 26 avril

Après le départ de Shauntel, je trouve un garage pour terminer le travail sur les freins d’Euphémionne et je la stationne parmi des dizaines de ses frères et soeurs. Le responsable m’annonce qu’il ne pourra pas travailler sur Euphémionne avant une dizaine de jours. Oups! De plus il ajoute que ce ne serait pas prudent de continuer de la conduire avec des freins dans cette condition. Double oups! On jase un peu et j’explique que je suis en road trip et hop! il s’occupe immédiatement de ma protégée, mais elle ne sera prête que le lendemain, car il y a beaucoup à faire. Je me fais un petit sac et me lance à San Francisco.


Je prends les transports en commun pour retourner à la shop d’ordinateur parce qu’il y avait un problème avec celui qu’il m’avait donné et je me rends ensuite dans le cartier Haight-Ashbury qui a été le pôle du mouvement hippie dans les années 60.

Je me trouve une couch-surfer, Elsa, une très gentille femme originaire de la République Dominiquaine qui pourra m’héberger et je me trouve un meetup en soirée où je mange de l’indien avec une vingtaine d’inconnus. Ensuite, je rejoins Elsa chez une amie où j’y prends un verre de vin et, comme elle avait trop bu, je trompe Euphémionne en conduisant sa voiture sport pour aller chez elle – j’avais oublié l’effet de l’accélération !


Vendredi 27 avril

Je vais chercher Euphémionne et on quitte la région de San Francisco

Je me dirige vers le parc Yosemite, un incontournable semble-t-il et comme j’ai quitté SF dans l’après-midi, je ne peux m’y rendre d’un seul coup, je m’arrête donc pour dormir dans une aire de repos / belvédère où quelques RV y sont déjà. Je fais la rencontre d’un très gentil couple de Hollandais avec leur jeune enfant. Nos échangeons sur la vie et nos adresses – ne sait-on jamais !


Samedi 28 avril

J’entre dans le fameux parc, mais le pauvre est victime de son succès, car il y a du monde en malade. Du trafic pare choc à pare choc par endroit, impossible de s’arrêter pour voir les merveilleuses chutes de plusieurs centaines de pieds, car les stationnements sont tous pleins à craquer. Je perds mon érection et je fais tranquillement un parcours du parc en voiture. Le feu a vraiment fait des ravages hallucinants dans cette région. Non loin de la sortie du parc, je me trouve un petit endroit dans la forêt nationale de Sierra (endroit légèrement aménagé, sauvage et gratuit). La Forest est belle, mais je me les gèle… je dois descendre plus au sud.


Dimanche 29 avril

Je me dirige vers la forêt nationale de Sequoia et les centaines de kilomètres de route que j’ai parcourus pour m’y rendre sont des sentiers dans des forêts d’orangers, mes yeux et mon nez sont au paradis.


Impôt oblige, j’ai dû m’arrêter sur le bord de la route plus d’une heure pour faire des recherches de documents et pour répondre à quelques questions. Mais j’ai pris la peine de choisir un spot avec une superbe vue sur les montagnes lointaines – alors je ne me plein pas.


Je pousse la route un peu (trop), je fais le tour de superbes montagnes si vertes qu’on dirait des green de golf et j’arrive à la noirceur aux pieds des montagnes qui me séparent des séquoias. Je monte, je monte, je monte, mais je ne trouve aucun endroit où dormir et la route sinueuse est parsemée de ‘No parking any time’. En fait, normalement, ce n’est pas une situation si dramatique, car il suffit de continuer jusqu’à ce que je trouve, mais cette fois-ci, il y a une contrainte additionnelle, je dois avoir de la connexion pour mes impôts, la date limite étant le lendemain. Je me trouve un petit endroit dans un tournant où il n’y a pas de pancarte et une légère connectivité, je m’y risque en mode commando pour la nuit (c’est à dire sans pop-up et tout habillé entre les caisses de bagage, prêt à me faire réveiller en plein milieu de la nuit par un ranger).


Lundi 30 avril

Je me réveille et je réalise que je suis sur le bord d’une falaise avec un joli courant d’eau tout en bas… superbe. Hélas la connectivité n’est pas assez bonne pour connecter avec mon ordinateur, merde ! Je continue ma montée vers les arbres géants. Tout en haut, je fais une toute petite partie du sentier, car le reste est en construction) pour voir ces magnifiques arbres millénaires, ouf!!!


Je continue mon chemin dans les montagnes et Eufémionne faire un excellent travail, car elle m’a fait monter et descendre plusieurs dizaines de milliers de pieds dans la journée, et tout ça sans se plaindre. Je m’arrête sur une enflure de route qui sert typiquement à laisser passer les voitures (nous les avons presque tous côtoyées), mais l’attrait de celle-ci c’est qu’elle offre une belle vue et surtout du coverage. On se stationne et je fais la rencontre de mes voisins d’enflure, un jeune couple américain sur la route, Jay et Giovanna et je les invite à prend un café dans Eufémionne, une autre très belle rencontre. Une fois le café terminé, je me connecte, mais je ne peux toujours pas faire ce que je veux… re-merde !


Je continue donc mon chemin en direction de Death Valley et le paysage montagneux et varié hallucinant se transforme soudainement en désert plat et beige. Qui dit désert dit ‘no coverage’ et chaque petit village que je croise entre deux déserts le confirme. Il fait déjà noir et il n’y a qu’un ‘gost town’ qui me sépare du village où je suis de Death Valley et c’est clair qu’il n’y aura pas de connexion. Je m’arrête donc au dernier petit resto qui gentiment me permet de me stationner pour la nuit et d’utiliser leur Wifi. J’y dors une fois de plus en commando pour éviter la visite d’un shérif.